(C) David Lamand - 23 Janvier 2001

 

 

'Hanoukah, "fête de l'inauguration" ou "fête des lumières", est célébrée du 25 Kislev au 3 Tevet. Cette fête n'a pas son origine dans la Bible, mais est mentionnée dans les deux premiers livres des Macabées.

L'histoire 'Hanoukah se déroule lors de la période du 2ème Temple ; à cette époque, Israël n'est pas libre, le pays a été occupé par les Perses et les Syriens. Antiochus Epiphane monte alors sur le trône syrien. Les Juifs sont divisés, certains se tournent vers l'Egypte qui les laissaient libres, mais pour des raisons économiques, les autres acceptent de vivre comme les gréco-syriens.

Antiochus Epiphane nomme des grands prêtres à des postes gréco-syriens. Il prend l'argent du Temple pour son armée et plus tard, y sacrifie des porcs. La plus grande partie de la population s'y habitue, mais une révolte est organisée par Mattathias, prêtre à Modin, en Galillé. A sa mort Judath Maccabée, un de ses fils, continue de se battre avec un groupe de résistants juifs, les Macabées. Ils doivent leur nom, Maccabi ("marteau") à leur grande force malgré leur petit nombre face à l'armée d'Antiochus, mais aussi à la devise inscrite sur leur drapeau :

Mi Khamokha Baélim Adonaï : "Qui est comme toi parmi les dieux, Eternel ?"

Le Temple de Jérusalem est libéré, les Maccabées le débarrassent des idoles, et le purifient. Le Temple fut inauguré ('Hanoukah : "inauguration") le 25 Kislev de l'an 164 av. èc. Les Maccabées célèbrent cet événement pendant huit jours.

Le Talmud rapporte que lorsque les Maccabées entrèrent dans le Temple de Jérusalem, ils ne trouvèrent qu'une seule fiole d'huile consacrée qui n'ait pas été souillée, et dont la quantité d'huile était juste suffisante pour éclairer la grande Ménorah pendant une journée. Cependant, un miracle se produisit et l'huile brûla pendant les huits jours nécessaires à la fabrication d'une nouvelle huile consacrée.

 

 

Pour célébrer 'Hanoukah, une bougie est allumée chaque soir pendant huit jours, en ajoutant chaque soir une bougie supplémentaire. Les bougies sont placées sur une 'Hanoukiah. Celle-ci devrait normalement être posée sur le rebord d'une fenêtre et être visible de l'extérieur, afin de proclamer publiquement le miracle, et sans doute aussi pour permettre à chacun d'affirmer son identité juive.

Les bougies sont placées de droite à gauche. On allume la bougie la plus à gauche, celle représentant le jour puis on allume les autres de droite à gauche (certains allument toutes les bougies de gauche à droite). Les bougies sont allumées à l'aide d'une bougie supplémentaire appelée Shamash (serviteur), qui prend ensuite place sur la 'Hanoukiah.

Les huit jours de 'Hanoukah sont des "demi-fêtes" sans interdits particuliers. Le vendredi, on allume la 'Hanoukah avant d'allumer les bougies de Shabbat.

Il est d'usage d'échanger des cadeaux pendant 'Hanoukah. On joue aussi beaucoup, notamment avec une toupie (sévivon en hébreu, dreidel en yiddish) portant inscrites les lettres noun, guimel, hey et shin. Ces lettres représentent la phrase Nes Gadol Haya Sham : "un grand prodige se passa là-bas" (en Israël la toupie porte la lettre pey pour Po : "ici").

La coutume veut également que l'on rappelle le miracle de huile en mangeant des mets frits dans l'huile, en particulier des souvganiot (beignets). Les Ashkenazim mangent aussi des latkes (galettes de pomme de terre).

On allume de Shamash et on dit :

Baroukh atta adonaï éloheinou melekh haolam asher kidshanou bemitsvotav vetsivanou lehadlik ner shel hanoukah (Béni sois-Tu Eternel notre Dieu, Roi de l'univers, qui nous scantifiés par Tes commandements et nous as enjoints d'allumer les lumières de Hanoukah).

Baroukh atta adonaï éloheinou melek haolam shéassa nissim laavoteinou bayamim halèm bazeman hazé (Béni sois-Tu Eternel notre Dieu, Roi de l'univers, qui as accompli des miracles pour nos ancêtres à pareille époque en cette même journée).

Le premier soir on ajoute :

Baroukh atta adonaï éloheinou melekh haolam shéhé'héyanou vekiyemanou vehiguiyanou lazeman hazé (Béni sois-Tu Eternel, notre Dieu, Roi de l'univers, qui nous as donné la vie et nous as soutenus et nous as fait atteindre ce jour).

 

 

'Hanoukah signifie "inauguration" mais aussi "éducation". Les Maccabées ont gagné parce qu'ils apprenaient et étudiaient la Torah et refusaient d'oublier leurs origines.

La 'Hanoukiah est une ménorah (chandelier) à neuf branches. On l'appelle 'Hanoukiah de manière à ne pas confondre avec le candélabre à sept branches qui trônait sur le sommet du Temple de Jérusalem.

La fiole d'huile est le symbole d'une petite lumière, d'un petit espoir qui subsiste. Un espoir de paix au milieu des guerres, une part de joie dans les moments difficiles.

Le Shamash est la neuvième bougie de notre candélabre, celle qui sert à allumer les autres. Shamash signifie "serviteur" ; serviteur de la connaissance, du judaïsme qui est en nous. Cette lumière nous montre que, si petite soit-elle, elle peut vaincre l'obscurité. D'une seule petite flamme, nous allons au fils des huit jours, allumer de plus en plus de lumières, accroître cette connaissance pour faire du huitième jour un symbole d'infini; pour montrer qu'avec un peu de connaissance et de foi, on peut éclairer le monde entier.

 

 

Comment joue-t-on à ce fameux jeu du sévivon ?

Les régles sont simples :

Chacun fait une mise initiale (argent, bonbons, ...) puis fait tourner la toupie. Les lettres qui se trouvent sur chaque face de la toupie débutent un mot yiddish :

Le noun signifie Nicht : "rien"
Le guimel signifie Gants : "tout"
Le hey signifie Halb : "moitié"
Le shin signifie Shtelen : "mettre"

Une fois la toupie arrêtée, la lettre qui se trouve sur la face supérieure indique au joueur la marche à suivre :

: on passe son tour
: on ramasse toute la mise
: on prend la moitié de la mise
: on refait une mise.